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La légalisation du cannabis au Canada et sa préparation

un magasin illégal de cannabis à Montréal
Source : Wikimedia

Le 17 octobre 2018, le Canada sera le deuxième pays à autoriser la consommation de cannabis à des fins récréatives avec l’Uruguay. Annoncée en juin dernier, cette loi doit être judicieusement préparée par les différentes provinces afin de permettre l’usage de ces plantes en toute sécurité. L’âge légal pour utiliser, détenir et faire pousser le cannabis est pour la plupart des provinces de 19 ans, tout comme pour la consommation d’alcool, pour jouer aux jeux de casino en ligne, ou acheter du tabac. Cependant, pas toutes les provinces ne tolèrent cette légalisation et ce qui est prévu au niveau de la loi fédérale. Chacun prépare donc l’arrivée du 17 octobre à sa manière.

Les préparations dans l’Ontario

L’Ontario régi par la « Loi favorisant un Ontario sans fumée » a décidé de la modifier afin de réglementer l’usage du cannabis. Ainsi, le commerce au détail sera géré par la Société ontarienne de vente du cannabis, que ce soit en ligne ou dans les boutiques. Les Ontariens de plus de 19 ans auront la possibilité de consommer le cannabis au sein de leur résidence privée, l’usage étant interdit dans les lieux publics, et une tolérance zéro sera appliquée pour les conducteurs avec une suspension ou une annulation du permis, et une amende d’un montant maximum de 500 $. Les dispensaires qui existent déjà ne seront pas légalisés, et un achat dans ce genre de magasin pourra mener à une amende allant jusqu’à 250 000 $ et à deux ans d’emprisonnement.

Le cas de Toronto, la capitale de l’Ontario

À Toronto, de nombreux points de vente illégaux existent et d’autant plus depuis l’autorisation du cannabis médicinal. D’ailleurs, une société mettant à disposition une application permettant de noter certaines plantes destinées à des fins thérapeutiques a son siège au cœur même de Toronto, et offre l’opportunité aux utilisateurs, à force de noter et de répondre aux sondages, d’obtenir des points et des produits. Malgré la fermeture incessante de ces commerces par les autorités, et la détermination des vendeurs à rouvrir leur boutique, le ministre Naqvi a affirmé qu’ils étaient en sursis et que ces établissements seront bientôt fermés au profit de magasins autorisés et gérés par la province. Ces militants, œuvrant depuis toujours pour la légalisation du cannabis, se retrouvent donc déçus, après tant d’années de travail, de devoir fermer leurs magasins de cannabis.

Test des conducteurs à Ottawa

Du côté d’Ottawa, une ville d’Ontario, les forces de l’ordre ne souhaitent pas mettre en place le test de salive développé afin de tester les conducteurs qui sembleraient être sous l’emprise du cannabis. Selon la police d’Ottawa, la machine permettant de tester la salive devra être installée dans toutes les voitures, ce qui demande un budget conséquent, soit 6000 $ pour chaque appareil, et les échantillons devront être conservés à une certaine température, ce qui s’avère compliqué étant donné le climat d’Ottawa. En cas de doute, les forces de l’ordre d’Ottawa ont décidé qu’elles arrêteront immédiatement les conducteurs qui seront testés aux postes par l’un des 246 agents formés, en attendant que tous les policiers soient aptes à faire passer un test de sobriété.

Comment le Québec se prépare-t-il au 17 octobre ?

Bien que la loi fédérale prévoie l’autorisation de la culture du cannabis dans la résidence principale de l’usager, le Québec a décidé de l’interdire strictement, et ce, même à des fins personnelles. Cependant, l’âge légal pour acheter et consommer cette drogue se situe à 18 ans, soit un an de moins que la plupart des autres provinces, ce qui inquiète grandement les parents et les établissements scolaires. Avec un âge si bas, les élèves du secondaire risquent d’être confrontés à la drogue, et ce, même pendant leurs études. Le collège Montmorency de Laval prévoit donc d’instaurer une campagne d’informations sur les réseaux sociaux et les logiciels internes de l’école afin de mettre en garde les élèves et leur rappeler l’interdiction. La Fédération des comités de parents du Québec aimerait également qu’une distance d’un kilomètre soit respectée entre une école et un lieu de vente.

une femme fume du cannabis
Source : Wikimedia

Le cas de Montréal, une des villes les plus peuplées du Québec

Montréal se prépare à la légalisation en prévoyant les lieux de ventes et de consommation avec la Société québécoise de cannabis. Ce projet demandant beaucoup de préparation au niveau de la sécurité, le comité exécutif se composant de Rosannie Filato et de Robert Beaudry estime devoir récupérer une partie des recettes dans le but de faire face aux dépenses liées à la loi. Cela leur permettra d’avoir le budget nécessaire afin de surveiller l’application de la législation dans tous les arrondissements de Montréal.

La province de l’Alberta choisit ses producteurs

La province de l’Alberta, contrairement à d’autres provinces comme le Québec ou l’Ontario, a décidé de faire appel à des producteurs qui fourniront le marché de cannabis. Un site internet a été créé afin de trouver les revendeurs sélectionnés et légaux, et d’autres producteurs pourront entrer sur le marché s’ils obtiennent un permis. Cependant, ces vendeurs n’auront pas le droit de mettre à disposition du cannabis médicinal et devront se contenter de la drogue destinée à des fins récréatives. Pour le côté thérapeutique, Aurora Cannabis, approuvé par le ministère, a lancé une application offrant la possibilité aux personnes ayant une prescription de se fournir en cannabis médicinal.

Dans les autres provinces du Canada

Les autres provinces du Canada ont pour la plupart prévu une réglementation semblable aux provinces dont nous avons parlé ci-dessus, et chacun a déterminé qui sera en charge de l’approvisionnement et quels seront les vendeurs légaux de cannabis. Tandis qu’en Colombie-Britannique et qu’en Nouvelle-Écosse, les mesures tardent, mais vont dans le même sens, en Saskatchewan, à L’Île-du-Prince-Édouard, au Yukon, au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest, aucun plan n’est prévu concernant la légalisation du cannabis et la réglementation des cultures et des ventes.